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Histoire

 
 

L'histoire du département de l'Oise

Histoire de l'Oise

Dès la préhistoire, ses forêts et ses marécages offrent refuge aux troupeaux de rennes que les premiers hommes chassent pour leur subsistance. On retrouve de nombreuses traces d'objets en silex sur notre territoire relevant de l'âge de pierre.
Ainsi à Verberie, au bord de l'Oise, a été étudié un campement de chasseurs magdaléniens (12 000 av J.C.) installés près d'un passage à gué.
L'âge du bronze nous a laissé quelques belle pièces, telle la fameuse torque d'or découverte à Saint-Leu-d'Esserent et les splendides casques à Armancourt et Montmacq.

Au IIeme siècle, les vaillants guerriers Belges tiendront tête aux troupes romaines, aidés par de nombreuses tribus gauloises. Les Bellovaques dans la région de Beauvais, les Silvanectes en Valois, les Veromanduens autour de Noyon, les Suessiones près de Compiègne et les Véliocasses dans le Vexin.

Correus, chef des Bellovaques est battu par Jules César dans la plaine environnant Clermont. (Tableau ci-contre de Diogène Maillart - XIXème).
L'archéologie aérienne et les fouilles ont permis des découvertes témoignant de leur présence.
Comme cette maison, découverte à Verberie et reconstituée au musée Vivenel à Compiègne, qui par ses dimensions est la plus grande habitation gauloise retrouvée en Europe. De forme ovale, elle mesure 22 m de long sur 12,50 m de large et délimitée par 45 trous de poteaux. Ou encore à Gournay-sur-Aronde, dans le fossé de l'enclos, ont été mis à jour des vestiges d'offrandes et près de 2000 objets métalliques, épées, pointes de lance et outils. Les villes gallo-romaines vont voir le jour, comme Caesaromanus (Beauvais), Augustomagus (Senlis), et Noviomagus (Noyon) et les chemins vont se paver.

L'empire romain déclinant, l'Oise va connaître une série d'invasions barbares dont les Huns et leur chef Attila. Les mérovingiens et carolingiens y laisseront leur empreinte avec Pépin le Bref couronné roi à Noyon. Hugues Capet, élu roi à Senlis en 987 et couronné peu après à Noyon, créera la dynastie des Capétiens qui ne s'éteindra qu'à la Révolution. Le domaine royal s'affaiblit et le poids de l'Eglise est de plus en plus important. Le Moyen-Age sera l'avènement de la construction des grandes cathédrales comme Beauvais, Senlis ou Noyon.

Les XI et XIIème siècles verront le pouvoir royal s'affirmer à nouveau avec l'appui de fidèles vassaux, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques comme les évêques-comtes de Noyon et Beauvais devenus pairs de France. A cela s'ajoute le soutien des villes et villages recevant leur charte communale. Philippe Auguste fera construire de nouvelles enceintes fortifiées autour des villes. Beauvais, Clermont, Senlis, Compiègne s'entoureront de remparts. Cette période d'avant guerre est une période de prospérité avec le défrichement des terres et l'essor de l'industrie textile.

Les deux siècles suivants seront plus difficiles. La guerre de Cent-Ans amènera famine et maladie. La peste noire fera des ravages considérables. En 1358, la révolte des paysans, connue sous le nom de Jacquerie sera sévèrement réprimée.

Jeanne d'Arc et Jeanne Hachette s'illustreront sur les champs de bataille.
En mai 1430, Jeanne d'Arc est capturée près de Compiègne avant d'être livrée aux Anglais.
Jeanne Hachette s'illustrera au siège de Beauvais en 1472, lors du conflit qui oppose Louis XI à Charles le Téméraire.

La première moitié du XVIème voit une reprise de l'activité économique et un renouveau démographique.
C'est aussi une période de construction.
De nouveaux bâtiments s'élèvent, hôtels de ville de Compiègne et Noyon, château de Chantilly, mais aussi églises de style gothique flamboyant.
L'Oise est le berceau du Protestantisme avec Calvin né à Noyon. De petites communautés protestantes célébrent leur culte plus ou moins publiquement. Ce conflit débouche sur les guerres de religions qui mettra la contrée à feu et à sang.
Odet de Coligny, évêque de Beauvais passé au protestantisme, devra s'enfuir en 1568.

Les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI seront une période de répit et d'une certaine opulence, jusqu'à la période mouvementée de la Révolution. En 1664 sera créée la Manufacture royale de tapisseries à l'initiative de Colbert.

La fin du XVIIIème sera difficile, le malaise paysan, la crise financière, la réaction nobiliaire et les mauvaises récoltes de 1787 et 1788 déboucheront sur une crise de régime. La Révolution nait. Les transformations économiques et sociales se font en profondeur. L'agriculture se mécanise, de nouvelles cultures comme la pomme de terre et la betterave se développent, faisant de l'Oise un département exportateur de produits agricoles. L'industrie est en pleine mutation. Le textile décline mais de nouvelles industries s'implantent, forges et grosse métallurgie, chimie.

Nombres de propriétés seront saccagées et confisquées, mais l'Oise ne connait heureusement pas de terreur excessive.
Des bourgeois modérés prennent en main les nouveaux cadres qui se sont créés.
La personnalité la plus en vue étant le duc de La Rochefoucauld-Liancourt qui joua un rôle important.
Le département de l'Oise nait le 27 juin 1790, en plein milieu de la Révolution Française. Il est divisé alors en 739 communes, 76 cantons et 9 districts. En 1800 les districts sont remplacés par 4 arrondissements et le nombre de cantons réduit. Un immense transfert de propriété, avec la vente des biens nationaux, redistribue terres et bâtiments confisqués au Clergé. Les différents régimes vont se succéder, monarchie de Juillet en 1830, deuxième République en 1848, second Empire en 1852, troisième République en 1870.

Les guerres marqueront lourdement le département. Occupé en 14-18, l'Oise sera le point de départ de la contre-offensive menée par Joffre. La contre-attaque de la Marne, qui est précédée dès le 5 septembre 1914 par celle de l'Ourcq, sauve le pays. L'arrivée de troupes fraîches, transportées de Paris à Nanteuil-le-Haudouin par les fameux taxis de la Marne, joue un rôle important dans la bataillle. Les Allemands évacuent l'essentiel du département, mais toute la partie nord-est, autour de Noyon, restera occupée jusqu'en mars 1917. C'est dans une clairière de la forêt de Compiègne, près de Rethondes, que le général Foch signera l'armistice en 1918. La reconstruction sera longue, elle se prolongera jusqu'en 1930.

Mais les plaies à peine cicatrisées, l'Oise va subir à nouveau une longue occupation. Dès le début juin 1940, l'Oise est envahie par les troupes ennemies. Nombres de villes et villages seront incendiés ou dévastés par les bombardements. Beauvais verra près de 2000 de ses maisons brûlées. La résistance s'organise mais la répression devient de plus en plus dure.

Le 23 juin 1941, est ouvert à Royallieu, près de Compiègne, un camp de transit vers l'Allemagne d'où partiront jusqu'en 1944 plus de 53 000 personnes déportées, prisonniers de guerre, prisonniers politiques, juifs, résistants. Deuxième camp d'internement français après Drancy, le camp de Royallieu sera le lieu de départ de convois de déportation vers les camps de concentration et d'extermination nazis.

La libération arrive durant l'été 1944. De nombreux civils seront tués.
La population qui était de 407 800 habitants en 1901 chutera à 387 760 en 1921, elle remontera à 402 570 en 1936 pour redescendre à 396 725 au recensement de 1946.

Après la Libération, pendant plusieurs années encore, difficultés matérielles et ruines accumulées vont rendre la vie fort difficile aux habitants de l'Oise. Suivant la période de reconstruction qui dure jusqu'au début des années 1950, la population connaît bientôt une croissance soutenue. Ce dynamisme démographique est complété par l'arrivée de nombreux travailleurs étrangers.

Dans les années 1960, l'Oise bénéficie à plein de la conjoncture économique favorable et participe à la croissance nationale.
Le département renouvelle en grande partie ses structures de communication : électrification des grandes liaisons ferroviaires, construction d'autoroutes, modernisation de la navigation sur l'Oise.

Son agriculture continue sa progression dans un marché qui s'ouvre à l'Europe et son tissu industriel se transforme.
Pourtant à partir des années 1980, avec la crise, l'expansion économique se ralentit et le chômage s'accroît, provoquant une concentration et un renouvellement d'un certain nombre de ses activités économiques.

Le département de l'Oise comptait 725 575 habitants en 1990, 766 441 en 1999.
De nos jours, avec près de 800 000 habitants, le département présente une densité de population hétérogène avec une concentration autour de Beauvais, Compiègne et Creil. Elle augmente plus vite que le reste de la Picardie avec un taux de croissance annuel de 0,61 % (Picardie 0,28 %) et une natalité supérieure à la moyenne picarde.
C'est une population jeune avec les moins de 25 ans qui représentent plus du tiers de la population totale.