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INAUGURATION DU MUSEE DEPARTEMENTAL DE L'OISE

 
INAUGURATION DU MUSEE DEPARTEMENTAL DE L'OISE

Discours prononcé par lé préfet à l'occasion de l'inauguration du MUDO le 23 janvier 2015.

Monsieur le président du conseil Général,

Mesdames et Messieurs les conseillers généraux

Mesdames et Messieurs les élus,

Madame la directrice, conservatrice en chef, chère Josette GALIEGUE,

Madame la directrice, en charge de l’administration générale, chère Sandra PREDINE-BALLERIE,

Monsieur l’architecte en chef des monuments historiques, cher Étienne PONCELET

Cher Charles SANDISON,

Mesdames et messieurs,

C’est avec très grand plaisir, Monsieur le président que je prends part, à vos cotés à cette cérémonie d’inauguration ce soir. La réouverture-renaissance du musée départemental de l’Oise, le MUDO, est un moment important pour le rayonnement culturel du département.

Je voudrais à mon tour saluer la qualité des travaux de restauration des bâtiments et de la mise en scène des collections.

La performance des artisans qui ont œuvré à la restauration et à la mise en valeur de ce bâtiment, sous la conduite experte d’Étienne Poncelet, l’architecte en chef des monuments historiques, est en tous points remarquable.

Je voudrais saluer également le travail scientifique et artistique des conservateurs qui ont pensé un itinéraire de visite complet et une nouvelle muséographie qui permettent aux visiteurs de ce musée de mieux appréhender les enjeux artistiques et politiques de ce siècle mouvementé que fut le XIXe.

Cette entreprise de restauration a été menée dans le respect de l’esprit et de l’âme des lieux avec un grand souci de rigueur scientifique, historique et architecturale.

A l’évidence, le résultat est à la hauteur de vos espérances.

* * *

1/ Ce jour marque donc l’aboutissement d’un long processus de restauration, de rénovation et de mise en valeur de l’architecture et des collections du musée départemental de l’Oise.

Après plus de 15 ans de fermeture, le palais épiscopal et les collections du musée sont à nouveau accessibles au public.

Les travaux de rénovation ont lancés en 2011 et ont duré 4 ans.

Ces 4 années de travaux ont permis de mettre en valeur les riches collections du musée et ses locaux exceptionnels classés monuments historiques.

Ce palais épiscopal a connu une histoire agitée depuis la révolution française :

  • en 1811, le palais devient la première préfecture,
  • en 1823, il devient évêché,
  • en 1846, le palais est transformé en palais de justice et le restera jusqu’en 1973.
  • En 1981, il devient officiellement un musée.
  • en 1992, des désordres constatés au niveau des charpentes entraînent la fermeture progressive au public des différents étages du logis,
  • depuis 20 ans plusieurs campagnes de restauration sont menées sur les bâtiments. Elles touchent à leur fin.
  • Mais tout n’est pas terminé et vous venez de poser la 1ere pierre des réserves, élément indispensable dans le fonctionnement d’un musée ambitieux.

Les bâtiments ont connu une histoire mouvementée.

Les collections aussi.

Le fonds constitutif des collections a été presque entièrement détruit en 1940, et pourtant le musée dispose aujourd’hui de très belles collections.

C’est le fruit du travail opiniâtre de générations de conservateurs et conservatrices de grands talents notamment Simone CAMMAS, Marie-José SALMON soutenus par l’Inspection générale des musées et le ministère de la Culture.

Le résultat est éclectique et particulièrement réussi.

Deux millénaires de création artistique sont mis à l’honneur.

  • Le musée présente de belles céramiques de l’Oise dont la célèbre statuette du « Dieu guerrier gaulois » datant du début du Ier siècle découverte à St Maur en Chaussée, qui vous est chère monsieur le président.
  • J’ai noté aussi, dans la salle introductive des collections dédiée au Préfet Cambry, le premier Préfet de l’Oise, nommé en 1800, qu’il était qualifié de « préfet éclairé », C’est donc possible ! Amateur d’Antiquités, il était collectionneur et un peu antiquaire ! Il avait envisagé la création d’un lieu à Beauvais où seraient exposées les richesses historiques et industrielles de l’Oise. Un préfet visionnaire en quelque sorte.

Les artistes isariens sont bien présents, en particulier, Antoine Caron, peintre de la renaissance né à Beauvais, avec deux tableaux remarquables et rares dont La résurrection du Christ et Thomas Couture avec sa monumentale œuvre inachevée, L’Enrôlement des volontaires de 1792, magnifiquement restaurée, grâce au mécénat participatif, initié avec succès par le MODO.

Ce musée est à la fois ancré dans le passé et aussi résolument contemporain. L’œuvre d’art numérique créée par Charles Sandison, Axis Mundi, met en valeur la superbe charpente avec labyrinthe de mots lumineux de façon magistrale.

2/ Cette entreprise ambitieuse méritait le soutien de l’État afin de favoriser la transmission et la mise en valeur de notre patrimoine.

Cette renaissance n’aurait pas pu aboutir sans l’engagement dans la durée du Conseil général et sans un soutien fort de l’État.

La DRACdirection régionale des affaires culturelles a participé au co-financement de plusieurs opérations de rénovation emblématiques qui ont fait l’objet d’une attention particulière telles que la restauration de la salle aux Sirènes, la mise en valeur du bâtiment Renaissance, la restauration de la voûte sous le porche ou encore la restauration du campanile du logis du palais épiscopal.

La DRACdirection régionale des affaires culturelles a également soutenu les campagnes de restauration des œuvres depuis 2011 avec une participation financière à hauteur de 147 000 euros.

Au-delà de cette aide financière, l’État a accompagné ce projet en apportant une expertise scientifique et technique.

Le soutien de l’État était d’autant plus justifié que ce musée obéit à un objectif prioritaire pour le ministère de la Culture : celui de rendre la culture accessible au plus grand nombre.

En effet, l’innovation numérique qui est au cœur de ce musée, garantit une intermédiation culturelle de grande qualité grâce au développement d’un système de visio-guide et de tables tactiles.

Cette place importante consacrée au numérique permet aux novices de mieux comprendre les œuvres et rend le parcours plus ludique et instructif, tant pour les adultes que pour les enfants, à l’image de ce qui se fait par exemple au Louvre-Lens.

L’État s’investit donc aux côtés du Conseil général pour transmettre notre patrimoine historique et culturel et le rendre accessible.

Entretenir et mettre en valeur le patrimoine, c'est aussi renforcer l'attractivité touristique des territoires.

La France est la première destination touristique au monde.

L'enjeu est clairement de valoriser les richesses des territoires, au-delà de la capitale.

L'Oise dispose de nombreux atouts :

Trois cathédrales et 47 musées et châteaux ouverts au public, sans compter un aéroport international, non encore classé monument historique.

Le secteur du tourisme représente 8% du PIB départemental et la durée moyenne de séjour des touristes - de 3,5 jours - reste inférieure à la moyenne nationale de 5,1 jours.

Je salue donc les efforts entrepris dans le département pour valoriser le patrimoine isarien.

Je voudrais pour conclure en rappeler, qu’encore plus en ces temps difficiles, la culture reste une priorité pour l’État.

Nous devons contribuer à entretenir notre exception culturelle française qui assure notre rayonnement à l’international.

Comme l’écrivait Thomas Couture : «Nous ne brillons pas que par notre courage, nous brillons aussi par notre goût, nos meubles, nos tapisseries, nos bronzes.qui découlent de l’art du peintre et de l’architecte ».

Bravo à toutes les équipes qui ont œuvré à la renaissance réussi de ce joyau.

 
 

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